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06.06.2018

La Confédération paysanne s'invite dans un vignoble de Vincent Bolloré !

05.06.2018 -
Action coup de poing ! Soixante-dix militant-e-s de la Confédération paysanne venus de toute la France, ont occupé mardi un domaine viticole de Vincent Bolloré dans le Var. Dans le viseur : l’accaparement de terres exercé par ces financiers qui font du business avec les terres.

Plus de 70 paysannes et paysans ont occupé les vignes de Bolloré à La Croix Valmer dans le Var. L'objectif rappelé par Laurent Pinatel, porte-parole national est de dénoncer l'accaparement des terres ici et ailleurs. Dans le monde, la société SOCFIN, dont Bolloré est actionnaire s'accapare plus de 400 000 hectares, mettant les paysans dehors et provoquant des tragédies humaines.

Les militant.e.s ont réussi à rentrer sans aucun problème dans le domaine et ont occupé pacifiquement les lieux. Sur place, un cadre du domaine de La Croix se qualifiait de paysan : on appréciera à sa juste valeur la déclaration d'un de ceux qui "manage" un domaine de 180 hectares, dont 100 de vigne. Le Maire du village est venu défendre le « travail exceptionnel de Monsieur Bolloré » mais il n'a pas su quoi répondre à Michel Apostolo, paysan du Var qui défendait la reprise du domaine par le conservatoire du Littoral et surtout la nécessité d'installer des paysans nombreux plutôt que de faire flamber le prix des terres viticoles.

 

 

 

En Provence, le prix de l'hectare de vigne a plus que triplé, passant de 20.000 à 70.000 euros en quelques années. De nombreux domaines sont passés entre les mains d'investisseurs fortunés : stars, grands patrons, milliardaires britanniques, oligarques russes... « Ils font augmenter les prix et chassent les jeunes paysannes et paysans qui voudraient s'installer », commente Sylvain Apostolo, co-porte-parole de la Confédération paysanne du Var.

Mais Vincent Bolloré est aussi un symbole de la prédation financière sur les terres nourricières des pays pauvres. Déforestation, spoliation, conditions de travail indignes : la Socfin, groupe belgo-luxembourgeois dont le groupe Bolloré est actionnaire à 38,8 %, concentre les critiques sur la gestion de ses plantations, situées principalement en Afrique. Au 31 décembre 2015, la Socfin annonçait 400 000 hectares de concessions, dont 186 767 hectares de plantations d'hévéas et de palmiers à huile.

Les représentants de la commission internationale ont rappelé que les accaparements de terres étaient responsables de la crise migratoire que nous connaissons. En Afrique, dépourvus de terre pour travailler et vivre, les paysan·nes viennent grossir le nombre de migrant·es qui s'entassent dans des bateaux et dont beaucoup périssent noyé·es en Méditerranée. Quant à celles et ceux qui parviennent à survivre, ils font face aux murs et barbelés que les États européens dressent devant eux. C'est aussi ça, la réalité de l'accaparement des terres au service de la financiarisation de l'agriculture.

Enfin, c'est avec soulagement que nous avons appris la relaxe des journalistes de France 2 dans l'affaire qui les opposait à Bolloré. Nous continuerons à nous mobiliser pour que les terres agricoles ici et ailleurs soient justement réparties entre tou.te.s les paysan.ne.s !

 

 

[VIDEO] Reportage de Var Matin

 

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