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POLITIQUES AGRICOLES
04.09.2020

Plan de relance : Insuffisant pour la Conf !

04.09.2020 -
La Confédération paysanne juge insuffisant le volet agricole du plan de relance annoncé le 3 septembre.

 

L'info

Plan de relance : un milliard d'euros pour l'agriculture

 

Le volet agricole et forestier du plan de relance sera doté de 1,2 Mrd€ sur deux ans, dont 200 M€ consacrés aux filières bois et forêt. Présenté par le ministre de l'Agriculture le 3 septembre, ce volet agricole du plan provient uniquement de «fonds additionnels» (incluant le plan de relance européen) et ne reprend pas les budgets déjà programmés de la Pac ou des comptes de l'Etat: «Ce ne sera que du plus», a assuré Julien Denormandie. Le plan comprend quatre axes: 364 M€ pour «reconquérir la souveraineté alimentaire de la France» (1), dont un plan protéines 100 M€, un plan de modernisation des abattoirs et des élevages (250 M€), et des mesures pour le renouvellement des générations (communication sur l'attractivité des métiers, bilan carbone pour les jeunes installés); 346 M€ pour «la transition agroécologique» (2), incluant une prime à la conversion des agroéquipements (135 M€), un crédit d'impôt HVE (70-80 M€), un abondement du fonds Avenir bio et de la structuration des filières bio (60 M€), un plan d'accompagnement à la mise en place de haies (50 M€); 200 M€ pour «l'alimentation saine et durable» (3), dont un plan de soutien aux cantines scolaires (50 M€), aux plans alimentaires territoriaux (80 M€), un soutien aux projet «1000 restaurants durables», aux jardins partagés, et aux «paniers fraîcheurs» (à destination des «plus modestes et concitoyens isolés». Le dernier axe (4) porte sur «l'adaptation au changement climatique» (300 M€), dont un soutien aux investissements d'adaptation agricoles (100 M€) et forestiers (200 M€).

 

Analyse de la Conf

L'enjeu agricole et alimentaire sous-estimé

 

Au regard des enseignements de la crise et de l'explosion de la précarité alimentaire, l'enjeu agricole et alimentaire aurait nécessité plus qu'un aussi maigre pourcentage sur l'enveloppe de 100 milliards d'euros et exigé la refonte des politiques agricoles et alimentaires.

Ce plan de relance était une opportunité pour réorienter les systèmes agricoles et alimentaires, secteurs indispensables au bon fonctionnement de nos sociétés. Au lieu de cela, la transition agricole et alimentaire ne bénéficiera que de saupoudrage, via des appels à projet, sans réelle impulsion sociale et écologique. Si les grands objectifs comme la souveraineté alimentaire ou l'installation-transmission sont bien cités, une politique de soutien et d'accompagnement massif des paysan.ne.s pour faire évoluer en profondeur notre agriculture fait défaut.

L'insuffisance des moyens et la logique d'appels à projet ne constitueront que des coups de pouces épars. Ce qui ne fait pas une politique publique à la hauteur de l'urgence sociale et écologique.

Si le ciblage des financements en direction des Programmes Alimentaire Territoriaux, des filières territoriales ou des abattoirs mobiles et de proximité est une bonne chose, le soutien à la certification HVE laisse craindre que cette enveloppe ne soit pas entièrement dédiée à une véritable agroécologie paysanne, qui constitue la réponse aux enjeux d'aujourd'hui. La teneur des projets qui seront effectivement soutenus permettra donc d'évaluer si le gouvernement a réellement saisi les bénéfices de la relocalisation de nos systèmes alimentaires, à l'aune de la crise.

Rechercher la souveraineté alimentaire, objectif reconnu prioritaire pour notre agriculture, passe par une sécurisation du revenu paysan, par une rupture avec le modèle libéral favorable à l'agrobusiness et par une réelle implication des citoyen.ne.s pour décider collectivement avec les paysan.ne.s, de l'avenir de notre modèle agricole et alimentaire.

Donc, si le gouvernement ne revient pas sur sa politique de libre-échange et n'accompagne pas ce plan de mesures de protection – via la maîtrise et la régulation des marchés et des volumes - il sera sans effet. Car sans politique de rupture, comme demandé dans notre plan « Protéger- Installer-Socialiser », les effets ne seront que marginaux sur les dynamiques territoriales, sur la valorisation du travail paysan et sur l'accessibilité à une alimentation locale et de qualité pour toutes et tous.

 

Proposition de la Conf

Pour le monde d'après, protéger, installer, socialiser

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